C'est un dimanche matin bien sombre. la brume brouille la vue, le vennt balaie les dernières feuilles mortes de cette fin d'automne.
Le temps est triste, triste... comme ma présence.
Mes pas résonnent dans la rue déserte de si bon matin. Je parviens à une maison dont la porte m'est ouverte. C'est une petite bicoque en bois et en pierres. Lintérieur est très modeste: deux lits usés par le temps, quelques paillasses dispersées çà et là, une vieille gazinière, une table de bois moisissant depuis des décennies, huit chaises dans le même état de délabrement, un robinet à l'extérieur pour la toilette. Je pénètre dans ce semblant de maison.
La maison est triste, triste... comme ma présence.
Je remarque alors les habitants de cette cabane. C'est tout une famille agglutinée au pied d'un des deux lits. Que peut-il y avoir dans ce lit pour que les gens aient le visage dévoré par le chagrin? Ils ne me remarquent même pas!
La famille est triste, triste... comme ma présence.
je m'approche alors du lit et constate un vieil homme mourrant, allongé dans le lit. La fièvre le rend fou et le fait divaguer. Il souffre! Il souffre! Son visage est crispé par la douleur et creusé de rides qui témoignent du labeur de sa vie. Je sens sa douleur qui me transperce. Je serais prête à tout pour abréger ses souffrances. Il me paraît presque beau tant il brille de son courage de n'avoir jamais renoncé à la vie. Je m'approche de lui. J'ai tellement de compassion que je le prends dans mes bras froids. Je le serre contre mon corps aigre et glacial. Un frisson lui parcourt l'échine. Je l'embrasse sur la bouche espérant apaiser une bonne fois pour toute sa douleur et sa fièvre. Il commence à être réticent, à se débattre, à tenter de se détacher de ma ferme étreinte. Puis, au fur et à mesure, Il se calme et finit par se laisser aller dans mes bras. Le silence se fait durant quelques éternelles minutes autour de moi. Finalement, je l'emporte avec moi mais je commence à avoir quelques regrets en sentant le regard suppliant de sa famille. Ils me connaissent bien, ce n'est pas la première fois que je leur enlève un être cher.
Ils savent bien que je suis
LA MORT